Le démantèlement d’un réseau de mœurs par la Brigade de Recherches de Keur Massar prend une tournure judiciaire et sanitaire majeure. Entre aveux de pratiques homosexuelles et révélations sur la propagation du VIH, l’enquête de la gendarmerie lève le voile sur une affaire aux ramifications multiples.
Un suspect « à table »
L’enquête menée par les hommes de la Brigade de Recherches (BR) de Keur Massar a franchi une étape décisive avec l’interrogatoire d’Abdoul Aziz Diop, plus connu sous le pseudonyme de « Dabakh » ou qui est « Yoss ». Coincé par les preuves et les témoignages, le mis en cause a fini par « passer à table », livrant aux enquêteurs des détails précis sur sa vie privée et ses activités.
Selon les informations rapportées par Libération, le suspect a admis avoir des « penchants homosexuels » depuis une longue période. Ces aveux marquent le point de départ d’une série de révélations sur un réseau qui semble s’étendre bien au-delà des premières arrestations.
Santé publique : Le spectre du VIH/Sida
L’aspect le plus alarmant de cette affaire réside dans le volet sanitaire. Abdoul Aziz Diop a officiellement confié aux enquêteurs avoir contracté le VIH/Sida. Il pointe du doigt ses relations avec un certain Saliou Mbaye, dit « Zale », qu’il décrivait comme sa « copine ».
L’enquête révèle des pratiques à haut risque :
- Des rapports sexuels non protégés et répétés (« pénétrations ») avec Saliou Mbaye.
- La reconnaissance de multiples autres partenaires sexuels par le suspect.
- La mise en cause d’un autre individu, Mansour Baldé dit « Zo », également testé positif au VIH. Ce dernier, bien que niant certains faits, se perdrait dans ses explications face aux enquêteurs, après avoir été dénoncé par Zale Mbaye.
Une traque « tentaculaire »
L’affaire est loin d’être close. Les autorités parlent d’une « traque tentaculaire » pour désigner l’ampleur du réseau. La Brigade de Recherches de Keur Massar, particulièrement active sur ce dossier, serait sur le point de procéder à sa 30ème arrestation.
L’enquête s’attache désormais à identifier l’ensemble des partenaires et des membres de ce réseau, alors que la question de la propagation volontaire ou par négligence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) plane lourdement sur le dossier judiciaire.
Note de contexte : Au Sénégal, les actes dits « contre nature » sont sévèrement punis par le Code pénal (article 319), et cette affaire suscite une vive attention médiatique en raison de l’imbrication des questions de mœurs et de santé publique.





