DAKAR – Le président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), Ansoumana Dione, a publié ce lundi 10 février 2026 une déclaration virulente contre la gestion de la crise universitaire par les autorités. Qualifiant l’intervention policière à l’UCAD de « folie », il accuse le régime d’avoir délibérément voulu nuire aux étudiants.
« C’est de la folie au vrai sens du terme »
Dans un communiqué sans concession, Ansoumana Dione s’en est pris frontalement à la décision d’envoyer les forces de l’ordre au sein du campus universitaire. Pour lui, le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba est directement lié à cette intervention qu’il juge illégale et arbitraire.
« C’est de la folie, au vrai sens du terme, de faire entrer la Police nationale, avec des armes très lourdes, au campus universitaire où nos dignes enfants ont été envoyés pour poursuivre leurs études supérieures », a-t-il martelé, qualifiant l’université de « temple du savoir » qui aurait dû rester inviolable.
Accusations graves contre le Président Diomaye
Le leader associatif n’a pas hésité à pointer directement la responsabilité du chef de l’État dans ce drame. Selon Ansoumana Dione, le Président Bassirou Diomaye Faye était parfaitement informé de l’occupation du campus et de ce qui s’y tramait.
« Le Président de la République, son Excellence Bassirou Diomaye était bien au courant de cette occupation de ce temple du savoir et la volonté de nuire à nos étudiants était vraiment très manifeste », accuse-t-il, évoquant une intention délibérée de réprimer les jeunes.
Maltraitances et privations dénoncées
Le président de l’ASSAMM a rappelé les images choquantes qui ont circulé montrant des policiers malmener des étudiants en plein campus. « Tout le monde a vu des policiers maltraiter des étudiants au sein de l’Université », souligne-t-il.
Au-delà de la répression physique, il dénonce également les privations infligées aux étudiants : « Le gouvernement en place a réagi à la revendication légitime des étudiants, avec la ferme volonté de les réprimer, après les avoir privés de repas ».
Une question de santé mentale des dirigeants
Dans un passage surprenant mais révélateur de son expertise, Ansoumana Dione établit un lien entre la gestion de cette crise et l’état psychologique des responsables politiques.
« Dernièrement, nous avions évoqué une question préoccupante, relative à la santé mentale des hommes politiques au Sénégal. Attention, beaucoup d’entre eux possèdent malheureusement une santé mentale assez négative qui fait qu’ils manquent d’empathie pour les populations vulnérables et démunies », analyse-t-il.
Cette déclaration fait écho à ses précédentes sorties sur la nécessité d’évaluer l’équilibre psychologique des dirigeants avant leur prise de fonction.
Le silence présidentiel pointé du doigt
Face à la gravité de la situation et au décès d’Abdoulaye Ba, le président de l’ASSAMM regrette le mutisme du chef de l’État. « Normalement, la mort de cet étudiant, Abdoulaye BA, devrait pousser le chef de l’État à sortir de son mutisme et apporter des solutions immédiates, ce qui n’est toujours pas le cas », déplore-t-il.
Cette intervention d’Ansoumana Dione s’ajoute à la longue liste des voix qui s’élèvent pour exiger des comptes et des solutions face à une crise qui a déjà coûté la vie à un étudiant et blessé de nombreux autres.





