L’ancien ministre et leader de la Convergence Libérale Patriotique (CLP), Serigne Mbacké Ndiaye, tire la sonnette d’alarme. Dans une lettre publique adressée ce lundi au Président Bassirou Diomaye Faye, il lance un appel pressant à la clémence pour deux détenus : Farba Ngom, proche de l’ancien régime, et l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, tous deux en détention dans des conditions jugées alarmantes.
« Farba est malade » : un témoignage direct depuis la prison
Serigne Mbacké Ndiaye assure qu’il ne parle ni par affinité politique ni par connivence.
« Farba n’est pas mon ami », dit-il. La seule rencontre entre les deux hommes remonte au référendum, et sur instruction du Président Macky Sall.
S’il s’est rendu auprès de l’ancien député, explique-t-il, c’est exclusivement pour des raisons humanitaires.
Lors d’une visite discrète, l’ancien ministre dit avoir trouvé un homme très affaibli :
— un détenu qui tente de cacher son mal,
— qui change constamment de position pour contenir la douleur,
— qui maigrit visiblement,
— dont la couleur de peau « change ».
« Monsieur le Président, Farba que j’ai vu est un homme malade », insiste-t-il, en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles la justice refuse sa libération malgré les résultats médicaux demandés par le juge lui-même.
Une scène bouleversante : l’épouse de Madiambal, très affaiblie
Au cours de sa visite, Serigne Mbacké Ndiaye dit avoir assisté à une scène particulièrement difficile :
l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, soutenue difficilement par deux agents pénitentiaires.
« Elle est très, très malade », témoigne-t-il, appelant les associations féminines, organisations de défense des droits et collectifs de soutien aux femmes à se rendre auprès d’elle.
« Coupables ou non, ce n’est pas mon problème »
L’ancien ministre précise qu’il ne s’exprime ni pour contester la justice ni pour prendre parti.
« Coupables ou non, ce n’est pas mon problème ; un juge indépendant nous le dira », écrit-il.
Il se réclame simplement de la solidarité humaine, rappelant qu’aucun Sénégalais ne devrait fermer les yeux devant une souffrance constatée.
Une comparaison marquante avec une ancienne déclaration présidentielle
Dans son texte, Serigne Mbacké Ndiaye compare subtilement l’attitude attendue de Bassirou Diomaye Faye à celle d’un ancien Président qui, selon lui, avait déclaré :
« Qu’une personne meure en prison ne me dérange pas. »
Une manière d’inviter le Chef de l’État actuel à agir autrement, avec humanisme et responsabilité.
« J’en appelle à votre clémence, Monsieur le Président »
L’ancien ministre conclut par un appel solennel :
— à l’humanisme du Chef de l’État,
— à sa fibre de père de famille,
— à son rôle de père de la Nation.
Il demande au Président Faye de prendre des mesures urgentes pour garantir la santé et la dignité des détenus concernés.





