Le journaliste et PDG de PressAfrik, Ibrahima Lissa Faye, s’est retrouvé au cœur d’une polémique en quelques heures, après avoir publié un message exprimant son inquiétude face à la saturation des structures de santé à Dakar. Une prise de parole pourtant centrée sur une situation sanitaire préoccupante, mais qui a rapidement été détournée et politisée, poussant le journaliste à une mise au point ferme.
Une alerte sanitaire devenue sujet de controverse
Dans une première publication, Lissa Faye décrivait des structures de santé débordées, évoquant un cocktail de maladies — paludisme, grippe, Covid, MVR ou autre — et s’inquiétait d’une situation “appelée à exploser davantage”. Ce message intervenait au moment où plusieurs acteurs politiques multipliaient les déplacements et réunions publiques, malgré la recrudescence des cas de maladies.
Son objectif, assure-t-il, était simple : attirer l’attention sur une possible crise de santé publique. Une alerte citoyenne, rien de plus.
Une déformation de ses propos et des attaques virulentes
Mais la publication a rapidement suscité une vague de réactions hostiles. Certains internautes, notamment identifiés comme partisans du Premier ministre Ousmane Sonko, l’ont accusé de vouloir lancer une polémique politique ou de s’attaquer au leader de Pastef.
Face à ces attaques, Ibrahima Lissa Faye a exprimé sa stupeur :
“Subitement, je serais devenu haineux ou partisan ? Ceux-là mêmes qui m’encensaient hier comme journaliste intègre me décrivent aujourd’hui autrement. C’est la rançon de l’ingratitude.”
Il précise n’avoir aucun agenda politique, et va plus loin :
“Ousmane Sonko fait partie des leaders pour qui j’ai beaucoup de respect. Mais je refuse que certains utilisent mon nom pour alimenter une guerre qui n’est pas la mienne.”
“J’ai vécu pire, ce n’est pas cela qui va me faire taire”
Dans son texte, le PDG de PressAfrik rappelle qu’il a traversé des épreuves autrement plus difficiles que des attaques sur les réseaux sociaux. Il affirme qu’il ne cédera ni à la peur ni à l’intimidation, et qu’aucune “meute numérique” ne le fera renoncer à son devoir d’alerte et d’information.
Un tournant : tolérance zéro contre les insultes et menaces
Après avoir longtemps toléré des commentaires agressifs au nom de la liberté d’expression, Ibrahima Lissa Faye annonce désormais une modération intransigeante.
Chaque insulte, menace ou diffamation fera l’objet d’une plainte systématique.
“J’ai une famille. Le cadre légal existe pour tous. Ceux qui franchiront la ligne répondront de leurs actes devant la justice.”
Il insiste également sur le fait que sa page reste un espace de discussion respectueuse : ceux qui souhaitent débattre peuvent rester, les autres seront écartés et poursuivis si nécessaire.
Une mise au point qui relance le débat sur les dérives en ligne
Cette affaire révèle une nouvelle fois la difficulté pour les journalistes sénégalais d’exprimer des alertes citoyennes sans être entraînés dans des clivages politiques. Elle pose aussi la question de la responsabilité des communautés numériques et de la montée de violences verbales dans le débat public.
En recentrant le débat sur la crise sanitaire qui guette le pays, Ibrahima Lissa Faye appelle à dépasser les appartenances politiques pour se concentrer sur les préoccupations essentielles : la santé et la sécurité des citoyens.





