En marge du lancement de l’Agenda national de transformation du service public, tenu ce lundi à Diamniadio, le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un appel ferme aux organisations syndicales pour un « engagement responsable » dans la conduite de leurs mouvements revendicatifs.
Reconnaissant la légitimité des luttes sociales, M. Sonko a néanmoins fustigé certaines pratiques qu’il juge « abusives », telles que la rétention de dossiers médicaux ou le blocage de services essentiels. « Les grèves sont un droit syndical, mais elles ne doivent jamais se faire au détriment des citoyens », a-t-il martelé, soulignant que ces dérives « impactent directement la qualité du service public ».
Fort de son passé de syndicaliste, le chef du gouvernement a rappelé parler « en connaissance de cause ». Il estime que certains modes d’action fragilisent la performance administrative et alimentent la défiance des usagers. « Retenir des dossiers médicaux ou bloquer une juridiction est non seulement illégal mais contraire à l’esprit du service public », a-t-il averti.
Misant sur une gouvernance apaisée, Ousmane Sonko a plaidé pour le dialogue et la concertation comme leviers de stabilité et de progrès social. « Nous avons besoin d’un pacte de transparence et de responsabilité pour garantir l’accessibilité continue des services publics, même en période de revendication », a-t-il insisté.
Pour rappel, le secteur de la justice est paralysé depuis plus d’un mois par la grève observée par l’Entente SYTJUST–UNTJ. La Fédération des syndicats de la santé (F2S) menace, elle, de lancer un nouveau mot d’ordre de débrayage dès la semaine prochaine, faisant craindre une nouvelle perturbation des services essentiels.

