Les évêques catholiques d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes ont publié une déclaration conjointe appelant à une action climatique urgente, juste et équitable. S’exprimant au nom de plus de 800 millions de fidèles répartis sur les continents du Sud, les prélats lancent un avertissement solennel aux dirigeants mondiaux à l’approche de la COP30 prévue au Brésil. Ce texte, soutenu par les plus hautes instances ecclésiastiques de ces régions, fait écho à l’appel du pape François dans Laudato Si’ et marque un tournant décisif dans l’engagement de l’Église catholique en matière de justice climatique.
Un Appel Moral Puissant pour une Action Politique Concrète
La déclaration exige des engagements climatiques nationaux (NDC) plus ambitieux, une transparence sur les politiques climatiques, et surtout, une transition énergétique juste vers un abandon complet des combustibles fossiles. Elle critique fermement les « fausses solutions » comme les mécanismes de compensation carbone ou la financiarisation de la nature, qui déplacent le problème au lieu de le résoudre.
Les évêques appellent ainsi à l’arrêt immédiat de toute nouvelle infrastructure fossile, la fin des subventions aux énergies polluantes, et l’imposition d’une fiscalité écologique équitable ciblant les acteurs historiques du réchauffement climatique.
Finance Climatique : Le Nord Doit Payer sa Dette Écologique
Un point central de la déclaration concerne le financement climatique. Les prélats du Sud exigent des flux financiers suffisants, non-conditionnés, et accessibles directement aux communautés vulnérables, sans alourdir la dette des pays en développement. Ils rappellent que les pertes et dommages causés par les catastrophes climatiques doivent être réparés, et que les banques de développement doivent cesser tout financement des énergies fossiles.
Justice Sociale et Leadership Féminin au Cœur de la Transition
Les évêques insistent sur le fait que la transition climatique ne peut se faire au détriment des plus pauvres, en particulier des femmes, souvent en première ligne face aux bouleversements climatiques. Ils prônent des politiques d’énergie renouvelable décentralisées, porteuses de travail décent et d’autonomisation féminine, tout en soutenant l’entrepreneuriat local et les communautés marginalisées.
Vers un Suivi Renforcé : Création d’un Observatoire Écclésial
La conférence annonce également la mise en place de l’Observatoire ecclésial sur la justice climatique, un outil inédit de veille, de plaidoyer et de dénonciation des engagements non tenus par les gouvernements. Cette initiative est portée par la Conférence ecclésiale de l’Amazonie, en collaboration avec les mouvements catholiques pour le climat.
Un Message d’Espérance Face à l’Urgence
La déclaration est aussi un message d’espérance enraciné dans la doctrine sociale de l’Église. Pour Mgr Allwyn D’Sylva, président du bureau du développement humain de la Fédération des Conférences d’Évêques d’Asie, « les combustibles fossiles appartiennent au passé ; l’avenir est aux énergies renouvelables ». Lorna Gold, du Mouvement Laudato Si’, salue « la maturité morale des Églises du Sud qui montrent la voie aux pays riches ».
Enfin, l’évêque brésilien Vicente de Paula Ferreira résume l’esprit de ce texte : « Cette déclaration est un cri d’espérance et de révolte. Elle rappelle que la protection des forêts, l’agroécologie, les savoirs autochtones, les femmes et les communautés locales sont les clés d’un avenir viable. »





