Ce lundi après-midi, Barthélémy Dias, maire de Dakar et leader de la coalition Sàmm Sa Kaddu, a convoqué les médias pour un point de presse. L’élu, connu pour son franc-parler, a abordé trois grandes thématiques qui secouent l’actualité politique nationale : la mort en détention de Bassirou Diop, sa radiation de l’Assemblée nationale et les menaces pesant sur son poste de maire.
La mort de Bassirou Diop : une affaire qui soulève des questions
Barthélémy Dias a d’abord évoqué la disparition tragique de Bassirou Diop, membre de sa sécurité rapprochée. Ce dernier est décédé en détention après avoir été arrêté à Saint-Louis durant la campagne pour les législatives.
Selon Barthélémy Dias, Bassirou Diop aurait été victime de torture en prison, exécutée sur ordre du ministre de l’Intérieur, qu’il accuse d’agir sous la manipulation du Premier ministre, Ousmane Sonko.
« Bassirou Diop a été torturé. Il est mort pour des raisons que nous devons éclaircir, et je vais porter plainte pour que justice soit rendue », a-t-il martelé.
Le maire de Dakar estime que cette affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets. Il a promis d’intensifier les démarches judiciaires afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès, qu’il qualifie d’inacceptable.
Sa radiation de l’Assemblée nationale : une décision controversée
Sur la question de sa radiation de l’Assemblée nationale, Barthélémy Dias a exprimé son indignation. Bien qu’il ait lui-même affirmé n’avoir jamais eu l’intention de siéger dans l’hémicycle, il récuse les motifs avancés pour justifier cette radiation.
La décision s’appuie sur sa condamnation définitive dans l’affaire Ndiaga Diop, mais Barth considère cela comme une « forfaiture ». Il n’a pas manqué de faire une comparaison avec le cas d’Ousmane Sonko, également condamné dans une affaire de diffamation, mais toujours considéré comme député.
« On cherche à appliquer une justice à double vitesse. Ce n’est rien d’autre qu’un abus de pouvoir », a-t-il dénoncé.
Les menaces sur son poste de maire de Dakar : des mises en garde claires
Enfin, Barthélémy Dias a abordé les rumeurs concernant une éventuelle révocation de son mandat de maire de Dakar. Il a invité les autorités à se référer strictement à la loi, qui, selon lui, stipule qu’une telle mesure ne peut être prise qu’en cas de condamnation pour crime.
« Dans mon cas, il n’a jamais été question de crime. La condamnation dont il est question parle d’un délit, pas d’un crime. Ceux qui brandissent cette menace devraient relire les textes avant de parler », a-t-il expliqué.
Une attaque frontale contre le pouvoir en place
Barthélémy Dias a conclu son intervention en lançant de virulentes critiques contre le gouvernement actuel. Il a dénoncé ce qu’il considère comme des pratiques autoritaires visant à museler l’opposition et à affaiblir les institutions démocratiques.
« Le pouvoir en place est incapable de gouverner avec transparence et préfère s’attaquer à ses adversaires pour masquer ses échecs. Mais nous ne nous laisserons pas faire », a-t-il averti.
Avec ce point de presse, Barthélémy Dias entend visiblement consolider sa position comme figure clé de l’opposition, tout en attirant l’attention sur les dérives qu’il impute aux autorités actuelles.
L’intégralité de son intervention est disponible dans la vidéo ci-dessous.

