À la veille des législatives anticipées du 17 novembre 2024, la scène politique sénégalaise a été marquée par une vague de transhumance des leaders vers le parti au pouvoir. Malgré cette dynamique, le Fouta a résisté à la montée du Pastef, permettant à la coalition Takku Wallu Sénégal, dirigée par l’ancien Président Macky Sall, de s’imposer largement dans les départements de Podor et Matam.
Une victoire écrasante mais controversée
La coalition Takku Wallu Sénégal a raflé tous les sièges en jeu dans ces deux départements, confirmant son ancrage dans ces bastions historiques. Toutefois, cette victoire n’est pas sans heurts. Une querelle interne s’est immédiatement déclenchée entre les responsables de Takku Wallu Sénégal et ceux de la coalition Jam Ak Jariñ, dirigée par l’ancien Premier ministre Amadou Ba.
Accusations d’achat de conscience
Le camp Jam Ak Jariñ accuse certains leaders de Takku Wallu, notamment Farba Ngom, de pratiques douteuses ayant influencé le vote. Selon Abdoulaye Sally Sall, porte-parole de la coalition, Farba Ngom aurait mené des campagnes d’achat de conscience à grande échelle :
« Avec l’argent sale qu’il détient, Farba Ngom est venu blanchir ses capitaux à Nabadji Civol. Il a offert 13 forages, 14 ambulances et distribué de nombreux véhicules pour acheter les votes. »
Ces accusations portent un coup à la légitimité de la victoire, bien que la coalition Takku Wallu Sénégal n’ait pas encore officiellement répondu à ces affirmations.
Le Fouta, terre de résilience politique
La capacité du Fouta à résister à la déferlante Pastef montre que la région reste un fief pour les coalitions issues de l’ancien parti présidentiel. Cependant, les tensions internes entre Takku Wallu Sénégal et Jam Ak Jariñ pourraient fragiliser cet ancrage dans les mois à venir.
Un torchon qui brûle
Les allégations d’achat de conscience et de blanchiment de capitaux mettent en lumière des pratiques dénoncées depuis longtemps dans le paysage politique sénégalais. Alors que les élections législatives se déroulent dans un climat tendu, cette controverse pourrait accentuer les divisions au sein des ex-camarades de l’Alliance pour la République (APR), tout en nourrissant les critiques de l’opposition.
Pour l’heure, le Fouta reste sous les projecteurs, symbolisant à la fois la résilience et les défis liés à la transparence et à l’intégrité du processus démocratique.
