Tunisie : Le président Kaïs Saïed réélu avec 90,7% des voix,

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Tunisie : Le président Kaïs Saïed réélu avec 90,7% des voix,

Le président sortant Kaïs Saïed a été réélu en Tunisie avec une majorité écrasante de 90,7 % des voix lors des élections qui se sont tenues ce dimanche, mais son triomphe est largement critiqué par la société civile, qui l’accuse de « dérive autoritaire ». Ce scrutin, marqué par une abstention record, a laissé planer le doute sur la légitimité de cette réélection, où seulement 28,8 % des électeurs se sont rendus aux urnes, le plus faible taux de participation depuis la transition démocratique du pays en 2011. En effet, sur les 9,7 millions d’électeurs inscrits, un peu plus de 2,4 millions ont voté en faveur du président.

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Kaïs Saïed, qui avait déjà suscité la surprise générale en 2019 en accédant à la présidence avec 73 % des voix, a cette fois perdu plus de 300 000 électeurs par rapport à son précédent score. Les analystes pointent du doigt une démobilisation massive, en particulier chez les jeunes, autrefois très engagés. D’après les chiffres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), seulement 6 % des 18-35 ans ont voté cette fois-ci, contrastant fortement avec la participation de 65 % chez les 36-60 ans, ce qui reflète une désillusion palpable au sein de la jeunesse tunisienne.

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Malgré son impressionnante victoire, les critiques ne se sont pas fait attendre. Des organisations de la société civile et des analystes politiques accusent Kaïs Saïed d’avoir orchestré un scrutin « verrouillé », privant ainsi les électeurs d’une véritable compétition démocratique. Parmi les 17 candidats initiaux, seuls deux concurrents ont été autorisés à se présenter après l’élimination des principaux rivaux du président. Ayachi Zammel, un industriel libéral de 47 ans, n’a récolté que 7,35 % des voix, tandis que Zouhair Maghzaoui, un ancien député de la gauche panarabe, n’a obtenu que 1,97 %.

L’analyste politique tunisien Hatem Nafti a souligné que, malgré la victoire apparente de Saïed, la « légitimité de cette élection est entachée », estimant que la présidence a manipulé le processus électoral en écartant les candidats qui pouvaient faire de l’ombre au président sortant.

Pour de nombreux observateurs, cette élection reflète une crise politique profonde dans le pays, où le pouvoir exécutif, incarné par Kaïs Saïed, est de plus en plus critiqué pour ses décisions autoritaires. Ces dernières années, Saïed a dissous le Parlement, gouverné par décrets, et a procédé à une série de réformes constitutionnelles qui ont largement accru ses pouvoirs. Cette centralisation du pouvoir a suscité des craintes quant à l’avenir de la démocratie en Tunisie, le berceau du Printemps arabe.

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Sur le plan international, cette réélection n’a pas laissé les observateurs indifférents. Alors que Kaïs Saïed tente de justifier ses décisions comme étant nécessaires pour lutter contre la corruption et rétablir l’ordre, les organisations internationales et plusieurs gouvernements étrangers ont exprimé des inquiétudes quant à la direction que prend le pays. L’Europe, partenaire clé de la Tunisie, a récemment exhorté le président à respecter les droits fondamentaux et à s’engager dans un dialogue inclusif pour sortir de la crise politique.

Alors que les partisans de Saïed, rassemblés dans le centre de Tunis, célèbrent cette victoire en scandant des slogans patriotiques, une large frange de la population semble, elle, plus que jamais désabusée par un système politique qui semble s’éloigner des idéaux de la révolution de 2011. Le faible taux de participation reflète un recul démocratique et la montée d’une méfiance populaire à l’égard du processus électoral. Beaucoup craignent que cette nouvelle victoire de Saïed ne renforce encore plus la mainmise du président sur les institutions et aggrave la polarisation politique dans un pays en proie à une crise économique et sociale profonde.

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En conclusion, si Kaïs Saïed semble conforté dans son pouvoir, les défis qui l’attendent – à la fois sur le plan national et international – pourraient bien ébranler ce fragile équilibre.

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