France : Adama Gaye, 34 ans, veut bousculer Mantes-la-Jolie

Résumé
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France : Adama Gaye, 34 ans, veut bousculer Mantes-la-Jolie

MANTES-LA-JOLIE – À 34 ans, Adama Gaye, fils d’un ouvrier mauritanien et d’une mère sénégalaise, s’est lancé sans étiquette dans la course à la mairie de Mantes-la-Jolie, sa ville d’origine, à l’ouest de Paris. Formé à Sciences Po et fort d’expériences à l’international, le benjamin des candidats entend défier une droite solidement installée depuis trente ans. Son ambition : bousculer un système qu’il juge figé.

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Un QG de campagne version start-up

Dans le QG de campagne installé en plein centre-ville de Mantes-la-Jolie, dans la banlieue ouest de Paris, une carte géante de la commune couvre la table. Les quartiers sont quadrillés, les rues coloriées au fur et à mesure des opérations de tractage.

« Ces rues, c’est fait. Il faut qu’on s’organise pour le prochain porte-à-porte », lance une militante. Autour d’elle, une dizaine de bénévoles pianotent sur leurs téléphones. Un groupe WhatsApp centralise les consignes, un tableau Excel répartit les équipes, rue par rue. L’organisation est millimétrée.

Ambiance start-up

L’ambiance a des airs de start-up plus que de permanence politique. Quelques bénévoles ont déjà milité, la plupart jamais. Au centre de la pièce, costume sombre et voix posée, Adama Gaye observe, écoute, ajuste.

À 34 ans, ce chargé d’investissement à Orange Ventures – le fonds dédié à la tech du groupe – conduit une liste citoyenne sans étiquette, avec une « sensibilité de gauche » assumée. Son objectif : « déjouer les pronostics ».

Une ville marquée par les difficultés sociales

À Mantes-la-Jolie, ville de 44 000 habitants des Yvelines, la droite dirige la mairie depuis 1995. Le maire sortant, Raphaël Cognet (Horizons), brigue un nouveau mandat.

Des chiffres alarmants

Avec 32 % de pauvreté et près d’une personne sur cinq au chômage, la commune cumule les fragilités sociales. Elle reste aussi marquée par une abstention massive : plus de 72,5 % au premier tour des municipales de 2020.

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Ces données témoignent d’un désengagement citoyen massif et d’une fracture sociale profonde, terreau sur lequel Adama Gaye espère construire sa campagne.

« Je suis un enfant de la ville »

« Je suis né ici, j’ai grandi au Val Fourré, j’ai fait toute ma scolarité à Mantes. Je suis un enfant de la ville », explique Adama Gaye.

Ancrage au Val Fourré

Le Val Fourré, vaste ensemble populaire souvent réduit dans l’imaginaire collectif aux difficultés sociales, est son point d’ancrage. Issu d’une famille nombreuse, fils d’un ouvrier d’origine mauritanienne et d’une mère sénégalaise employée en crèche après avoir été femme de chambre, il assume pleinement cet héritage social.

« Les problématiques de la ville, je les ai toujours eues à la maison », confie-t-il.

Identité complexe et assumée

Il se présente sans hésiter comme « Français et fier de l’être, Mantais, républicain, laïcard ». Il revendique aussi son identité musulmane, tout en affirmant se définir « avant tout comme un Français aux origines africaines ».

Cette identité complexe et assumée fait partie intégrante de son projet politique, qui cherche à réconcilier des appartenances multiples souvent perçues comme contradictoires.

Un parcours d’exception

Brillant élève, il intègre Sciences Po dans la promotion qui suit celle de Gabriel Attal. Il choisit la filière « affaires publiques », effectue un stage à l’ONU à New York.

Sept ans en Afrique

Pendant sept ans, il travaille pour le groupe de construction Saint-Gobain en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire et au Ghana. À 22 ans, il sillonne le continent africain et rencontre ministres, ambassadeurs, dirigeants économiques.

« J’ai rêvé les yeux ouverts », confie-t-il.

Passage par Orange au Maroc

Puis direction Casablanca, au sein d’Orange pendant trois ans, avant un retour en Île-de-France pour rejoindre le fonds d’investissement du groupe.

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Dix ans loin de Mantes, une idée persistante

Dix ans loin de Mantes, donc. Mais avec une idée persistante : « Me présenter à la mairie, je l’ai toujours eue en tête. »

L’atout du privé

Ce passage par le privé, il le revendique comme un atout. « Je connais la réalité du monde du travail. Les objectifs, la prime ou pas la prime. »

S’il est élu, il promet d’importer des méthodes issues de l’entreprise : structuration des projets, partenariats, diversification des financements. « On ne doit pas être uniquement biberonnés à l’argent public. »

Rumeurs et attaques racistes

En septembre dernier, lorsqu’il annonce sa candidature sur les réseaux sociaux, les rumeurs fusent. Envoyé de la droite locale ? De la gauche ? « On a même dit que j’étais soutenu par Gérald Darmanin ! »

Profil qui intrigue

Son profil intrigue. « Pour certains, un candidat noir avec un QG en centre-ville, ça ne pouvait pas être réel. »

En janvier, une vague de commentaires racistes déferle sous une vidéo publiée par un média local. « Ce n’est pas que moi qu’on a attaqué, c’est aussi ce qu’on représente. »

Détermination renforcée

L’épisode le marque, mais renforce sa détermination. « Ça me conforte dans l’idée qu’il faut lutter contre les injustices. »

Le scrutin du 15 mars

Face à lui le 15 mars prochain :

  • Raphaël Cognet (maire sortant, Horizons)
  • Kanza Sakat (La France insoumise)
  • Michaël Bordg (élu d’opposition sans étiquette)
  • Arnaud Dalbis (ancien élu municipal sans étiquette)

L’outsider assumé

Lui, le benjamin des candidats, se revendique « outsider », sans parti, mais avec une « sensibilité de gauche ».

Sa trajectoire personnelle devient un argument politique : « Je suis une statistique étrange. Je n’aurais jamais dû faire Sciences Po, ni travailler dans la finance. Et je l’ai fait. Alors oui, on peut déjouer les pronostics. »

Les enjeux de la campagne

Pour Adama Gaye

Forces :

  • Parcours inspirant (ascension sociale remarquable)
  • Expérience internationale et managériale
  • Jeunesse et renouvellement
  • Organisation moderne de campagne
  • Légitimité locale (enfant de la ville)
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Faiblesses :

  • Absence d’expérience élective
  • Dix ans d’absence de la ville
  • Candidature sans étiquette dans un contexte partisan
  • Attaques racistes qui peuvent décourager certains électeurs

Pour la ville

Les défis à relever :

  • 32 % de pauvreté : nécessité de politiques sociales ambitieuses
  • Près de 20 % de chômage : développement économique urgent
  • 72,5 % d’abstention : recréer du lien entre citoyens et politique
  • Droite installée depuis 30 ans : volonté de changement ?

Une campagne sous surveillance

Cette élection à Mantes-la-Jolie sera scrutée au-delà des frontières communales pour plusieurs raisons :

Symbole de diversité : La candidature d’Adama Gaye incarne une France diverse qui revendique sa place dans les institutions.

Test du renouvellement : Peut-on bousculer un système installé depuis trois décennies avec une liste citoyenne ?

Laboratoire de méthodes : L’organisation « start-up » de sa campagne pourrait inspirer d’autres candidats.

Baromètre social : Le résultat dira si les populations des quartiers populaires se remobilisent politiquement.

À 34 ans, Adama Gaye incarne une génération qui refuse la fatalité sociale et les destins tracés. Son parcours – du Val Fourré à Sciences Po, de l’Afrique au fonds d’investissement d’Orange – est en soi un message politique : le changement est possible.

Mais entre le symbole et la victoire électorale, il y a un fossé que seul le scrutin du 15 mars permettra de mesurer. Face à une droite solidement implantée et une gauche morcelée, cet outsider aux méthodes modernes parviendra-t-il à convaincre une population largement abstentionniste de revenir aux urnes ?

La réponse dans quelques jours. Une chose est sûre : Adama Gaye aura, quoi qu’il arrive, marqué cette campagne de son empreinte et bousculé les certitudes.

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