DAKAR – Le quotidien Libération poursuit ce jeudi 12 février 2026 ses révélations explosives sur le réseau pédocriminel de Pierre Robert. Après avoir dévoilé hier « le patron du mal », le journal lève aujourd’hui le voile sur « Le cercle », cette organisation criminelle transnationale aux ramifications au Sénégal, au Mali et au Maroc, qui a fait près de 200 victimes selon les enquêteurs.
Un réseau tentaculaire démantelé
L’enquête exclusive de Libération révèle l’ampleur insoupçonnée de cette organisation criminelle. Au-delà du Sénégal, le réseau de Pierre Robert aurait sévi au Mali et au Maroc. Face à l’ampleur du dossier, le parquet de Beauvais en France a été dessaisi au profit de celui de Paris, mieux équipé pour gérer une affaire de cette envergure internationale.
Deux complices français interpellés
Arrêté en France en même temps que ses deux présumés complices, Laurent Cave et Adrien Bastard, Pierre Robert a tenté de faire jouer le silence. Mais l’un de ses acolytes a fini par craquer.
Adrien Bastard, bénéficiaire d’un contrôle judiciaire après trois mois de détention, a admis faire partie d’un « cercle » dirigé par Pierre Robert. Selon ses déclarations aux enquêteurs, il révèle que « Pierre Robert avait mis au point un système sénégalais, [et] me donnait accès à un caméra lui permettant d’observer les ébats entretenus par celui-ci avec d’autres hommes ».
« Boubacar Sweettie » et les enfants sénégalais victimes
Plusieurs images d’enfants sénégalais défavorisés, brutalement sodomisés, ont été retrouvées dans les échanges électroniques entre Birame Senghor, alias « Boubacar Sweettie », et Pierre Robert. Ces images ont été versées au dossier judiciaire, constituant des preuves accablantes de l’horreur subie par ces mineurs sans défense.
52 000 fichiers pédocriminels découverts
L’ampleur du réseau donne le vertige. La Direction de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne (DSC) a passé au crible près de 52 000 fichiers pédocriminels retrouvés en France sur Pierre Robert et ses deux complices.
Au bas mot, selon les estimations des enquêteurs, le réseau a fait près de 200 victimes, essentiellement des enfants issus de familles très pauvres ou des talibés détournés de leur parcours.
Extension au Mali et au Maroc
Les investigations ont révélé que l’organisation criminelle ne se limitait pas au Sénégal. Des ramifications ont été identifiées au Mali et au Maroc, montrant le caractère transnational et organisé de ce trafic d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.
Une affaire qui bouleverse le Sénégal
Les révélations successives de Libération sur le réseau de Pierre Robert constituent l’un des plus grands scandales pédocriminels jamais dévoilés au Sénégal. L’ampleur du trafic, le nombre de victimes, l’organisation méthodique et les ramifications internationales témoignent d’un système criminel rodé qui a exploité pendant des années la vulnérabilité d’enfants parmi les plus démunis.
Les autorités sénégalaises sont désormais sous pression pour identifier l’ensemble des complices locaux et démanteler totalement ce réseau de l’horreur qui a brisé la vie de centaines d’enfants.





