Le village de Khonkh Yoye, situé dans la commune de Darou Khoudouss, entre Diogo et l’Ompoul, dans le département de Tivaouane, traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Depuis le 5 décembre dernier, plus de 100 jeunes originaires de cette localité ont disparu en mer après avoir embarqué à bord d’une pirogue en direction de l’Espagne.
Selon les informations rapportées par la RFM, aucune nouvelle n’a été reçue depuis leur départ. Une absence prolongée qui plonge les familles et l’ensemble du village dans une angoisse insoutenable, rythmée par l’attente, la peur et l’incertitude.
« Nous n’avons aucune nouvelle »
Interrogé par la radio, le porte-parole des habitants a exprimé le désarroi général :
« Jusqu’à présent, nous n’avons aucune nouvelle. Les gens sont désemparés, ils ne peuvent ni manger ni dormir. Nous lançons aujourd’hui un appel concerté aux autorités marocaines, mauritaniennes et espagnoles pour nous aider à retrouver nos enfants. »
Dans les concessions familiales, la douleur est palpable. Les regards sont vides, les nuits sans sommeil et les journées rythmées par l’attente d’un hypothétique appel ou d’une information salvatrice.
Une mère brisée par l’incertitude
Au domicile de l’une des jeunes disparues, l’émotion est à son comble. Sa mère, la voix tremblante, raconte les circonstances troublantes du départ de sa fille :
« Ma fille est partie sans dire au revoir à personne. Personne n’était au courant de son projet. Elle a fermé son salon de coiffure pour partir à l’aventure. »
Comme elle, de nombreuses familles découvrent, trop tard, le projet migratoire de leurs enfants, partis dans le plus grand secret, portés par l’espoir d’un avenir meilleur.
Appel pressant aux autorités
Face au silence et au temps qui passe, les populations de Khonkh Yoye lancent un appel pressant aux autorités sénégalaises, en particulier à la Marine nationale, afin que des recherches soient engagées ou intensifiées pour tenter de retrouver la pirogue et ses passagers.
Ce nouveau drame met une fois de plus en lumière les risques mortels de l’émigration irrégulière, un phénomène qui continue de décimer la jeunesse sénégalaise, malgré les campagnes de sensibilisation et les nombreux naufrages déjà enregistrés.
À Khonkh Yoye, l’espoir subsiste encore, fragile mais tenace, dans l’attente d’un signe de vie qui viendrait briser le silence de l’océan.





