Moins de 48 heures après une précédente opération, les Gardes-Côtes Mauritaniennes (GCM) ont de nouveau intercepté une pirogue en détresse au large des côtes mauritaniennes, révélant une accélération préoccupante des départs sur la route migratoire dite Atlantique, l’une des plus dangereuses au monde.
Une pirogue dérivante après six jours en mer
À l’aube de ce mercredi 26 novembre 2025, les GCM ont secouru une embarcation transportant 132 migrants partis de la Gambie. Selon le journaliste mauritanien Souleymane Djigo, la pirogue, dépourvue de toit et surchargée, dérivait depuis plusieurs heures lorsque les secours sont intervenus.
❗ Les capitaines ont abandonné le bateau après une rupture totale de carburant, laissant les passagers livrés à eux-mêmes en haute mer.
La traversée avait déjà duré six jours dans des conditions extrêmes.
Les migrants secourus ont été remorqués puis débarqués vers 6h30 au port de Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie. Ils ont immédiatement été pris en charge par les services compétents.
Une majorité de Sénégalais parmi les rescapés
Parmi les 132 personnes sauvées :
- 104 Sénégalais
- 22 Gambiens (12 hommes et 10 femmes)
- 6 Guinéens
- 10 mineurs
- 1 nourrisson de 4 mois
Cette opération met une nouvelle fois en lumière la part massive de ressortissants sénégalais parmi les candidats à l’immigration clandestine via la route Atlantique.
Une route maritime de plus en plus empruntée
Ce sauvetage survient alors qu’une autre pirogue, partie de Guinée, avait été interceptée il y a moins de deux jours.
Les autorités mauritaniennes font face à une intensification notable des départs, en particulier depuis :
- la Gambie,
- la Guinée,
- mais aussi le Sénégal, point de départ majeur ces dernières années.
La route vers les îles Canaries reste l’une des plus meurtrières, avec des naufrages réguliers et un nombre de disparus difficile à quantifier.
La Mauritanie sous pression : expulsions et tensions
Depuis plusieurs mois, la Mauritanie tente de gérer une crise migratoire sans précédent.
Les autorités ont procédé à une série d’expulsions massives visant plusieurs ressortissants africains subsahariens, accusés d’être des migrants irréguliers ou de potentiels candidats à la traversée.
Ces mesures suscitent un large débat, tant dans le pays qu’au niveau régional, alors que les départs continuent malgré les risques, la surveillance renforcée et les tragédies répétées.

