Dans une tribune lucide et engagée, l’ingénieur statisticien Mamoudou Ba appelle le Sénégal à rompre avec les débats stériles et les divisions improductives. Face aux bouleversements numériques et technologiques qui redessinent le monde, il plaide pour une vision collective axée sur l’innovation, la responsabilité et le travail, afin de hisser le pays au rang des nations émergentes.
Le Sénégal doit se mettre au travail ! (Par Mamoudou BA, Ingénieur Statisticien)
Alors que le monde avance à une vitesse fulgurante, propulsé par le numérique, le cloud et l’intelligence artificielle, le Sénégal semble prisonnier de débats stériles et de querelles sans horizon. Tandis que l’innovation transforme profondément l’éducation, la santé, l’économie ou encore l’agriculture, nous restons trop souvent englués dans les insultes, les buzz éphémères et les divisions artificielles.
Une urgence numérique et technologique
Les technologies émergentes ne sont pas de simples gadgets : elles constituent aujourd’hui des leviers essentiels du développement. Les data centers, l’intelligence artificielle ou l’automatisation sont devenus des outils stratégiques pour la compétitivité des nations. Pour le Sénégal, il s’agit non seulement de rattraper le retard, mais aussi d’anticiper les dérives. Cela suppose un cadre réglementaire clair sur l’usage des réseaux sociaux et une stratégie nationale ambitieuse pour intégrer ces technologies dans la gouvernance, l’éducation et l’économie.
La responsabilité des acteurs
L’État doit mettre en place un cadre juridique intelligent, qui protège des abus tout en stimulant l’innovation.
La presse doit se réinventer, dépasser le sensationnalisme et jouer pleinement son rôle de quatrième pouvoir, en éclairant le débat public plutôt qu’en l’assombrissant.
La jeunesse, enfin, doit changer de paradigme. Les mentalités doivent évoluer vers la créativité, la responsabilité et l’auto-prise en charge, loin des réflexes de victimisation ou de divisions claniques.
Sortir des divisions pour affronter les priorités
Notre pays est aujourd’hui miné par les clivages, les groupes de pression et les luttes partisanes. Pourtant, les urgences sont ailleurs : dans la santé, l’éducation et la formation, l’agriculture, l’élevage, l’industrie, mais surtout dans l’emploi des jeunes. C’est là que se joue l’avenir. La dispersion et les querelles intestines ne feront que retarder l’émergence.
Changer de cap
Si le Sénégal veut rejoindre le concert des nations, il doit changer de cap. Cela implique une nouvelle méthode, une vision collective et un engagement sincère à travailler ensemble. Nous devons transformer nos divisions en forces, nos réseaux sociaux en espaces de savoir, et nos jeunes en acteurs d’innovation.
L’histoire récente nous montre que les nations qui avancent sont celles qui osent investir dans l’intelligence, la technologie et la cohésion sociale. Le Sénégal ne peut pas rester à la marge de cette dynamique mondiale.
Il est temps de nous mettre au travail.





