Le deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2), qui s’est tenu à Addis-Abeba, a mis en lumière la montée en puissance de l’Afrique en tant qu’acteur autonome de la lutte contre le changement climatique. À travers le lancement du Pacte africain pour l’innovation climatique (ACIC) et du Fonds africain pour le climat (ACF), le continent affirme sa capacité à concevoir et financer ses propres solutions, avec un investissement initial de 50 milliards de dollars. À cela s’ajoutent 100 milliards de dollars mobilisés par les institutions financières africaines et de développement pour soutenir l’industrialisation verte et les projets locaux d’énergie, d’agriculture, d’eau, de transports et de résilience.
Dans la Déclaration finale d’Addis-Abeba, les dirigeants africains ont rappelé l’importance de la COP30 au Brésil pour clarifier le financement climatique de qualité, tout en mettant en avant l’urgence de combler le déficit d’adaptation estimé à 579 milliards de dollars d’ici 2030.
« L’Afrique ne se contente plus d’attendre des plans externes : nous sommes désormais les architectes de notre avenir vert », a affirmé S.E. Wamkele Mene, secrétaire général du secrétariat de la ZLECA. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a également insisté sur l’innovation locale et la collaboration continentale : « D’ici 2030, le Pacte africain pour l’innovation climatique devrait fournir 1 000 solutions africaines pour relever les défis climatiques. »
Le Sommet a montré que l’Afrique combine désormais ambition politique et capacité opérationnelle. Amb Ali Mohamed, envoyé spécial du Kenya, a souligné que le continent reste moteur de l’agenda climatique mondial, avec l’objectif de porter la capacité des énergies renouvelables à 300 GW d’ici 2030 et d’ancrer de nouvelles chaînes de valeur industrielles locales.
Pour Kate Hampton, directrice générale de la CIFF, l’ACS2 illustre un tournant : « L’Afrique est à l’avant-garde de la croissance verte et de la création d’emplois. La clé réside dans la transformation des engagements politiques en partenariats économiques concrets, impliquant tous les acteurs, des jeunes aux ministres des Finances. »
L’ACS2 confirme ainsi que le continent ne se contente plus d’être un bénéficiaire des initiatives climatiques mondiales, mais devient un leader, capable de définir ses priorités, mobiliser ses ressources et proposer ses propres solutions pour une transition verte inclusive et durable.

