À l’occasion de son anniversaire ce 15 juillet – une date qu’il partage avec le Premier ministre Ousmane Sonko – Mary Teuw Niane, Directeur de cabinet du Président de la République, signe un texte empreint d’humanité, d’humour et de réflexion. Autrefois peu enclin à fêter ses années, il revient avec tendresse sur cette transformation intime, désormais rythmée par la chaleur de ses petits-enfants et une nouvelle philosophie du temps.
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Aujourd’hui, j’ai un an de plus !
Je rends grâce à Dieu qui m’a permis de fêter un nouvel anniversaire.
Maintenant que mes enfants ont grandi, qu’ils ont des enfants, je fête mes anniversaires.
Au paravant je ne voyais pas de raison de fêter une année supplémentaire. Je n’étais peut-être pas assez branché. Aujourd’hui, je ne le suis pas davantage. Cependant je suis entouré de petits enfants qui surveillent comme du lait sur le feu le 15 juillet. C’est l’anniversaire de papi! Disent-ils !
Leurs pères et leurs mères, mes enfants, vont cotiser pour acheter un gros gâteau et des petites bougies que je dois souffler lorsqu’elles sont allumées.
Intérieurement, je me disais que ce rituel n’était pas de chez nous.
Enfants, je n’avais jamais pensé à cette célébration. Cependant, elle a du charme. Elle permet à toute la famille de se retrouver, de communier, de se faire plaisir et surtout de donner du plaisir à grand père.
Maintenant que je suis devenu vraiment adulte, j’ai appris à compter les années!
Je regrette cette époque où le temps comme un long fleuve tranquille s’écoulait sans jamais s’interrompre.
D’ailleurs l’âge n’avait pas de sens.
C’était comme on dit en mathématiques un problème mal posé.
En effet l’âge dépendait de ce qu’on voulait en faire.
Trop âgé pour entrer à l’école, les parents allaient vous confectionner un bulletin de naissance qui vous réduisait suffisamment le nombre d’années pour obtenir l’âge le plus convenable.
Si vous étiez trop jeune pour passer le permis de conduire, votre oncle connaissait quelqu’un à la mairie pour vous produire un extrait de naissance qui vous donnait l’âge requis pour passer le permis.
En ces temps-là , d’ailleurs, tout le monde pensait que l’âge était une affaire de blancs, de toubab. Il fallait juste être intelligent pour avoir, à chaque fois, l’âge adéquat.
On disait que certaines personnes naissaient plusieurs fois tellement on leur avait changé d’état civil.
Cette manière de faire, qui se jouait des toubab, finissait par embarrasser le bénéficiaire. Combien d’hommes, agents de l’Etat, restaient délibérément jeune sur l’état civil, alors qu’ils n’arrivaient plus à tenir debout sur le lieux de travail. Ils maudissaient sans aucun doute l’officier d’état civil qui avait rendu service à leurs parents.
J’étais un rebel! L’anniversaire était une affaire de toubab. Mes petits enfants ont changé ma perception du temps dans ma vie. Ce temps qui revient périodiquement alors que chaque année la biologie inéluctablement affaiblit le corps, l’expose à des maladies fréquentes.
Ce nouveau temps est machiavélique. Chaque tour qui passe vous vieillit. Il vous fait perdre vos capacités alors que ce temps ne vieillit, il reste scandaleusement jeune.
On dit que le temps fait son effet!
Je remercie Dieu pour ce bonheur incommensurable qu’Il m’offre de fêter à nouveau mon anniversaire !
Je souhaite un joyeux anniversaire à mon jeune jumeau le Premier Ministre Ousmane Sonko et à tous ceux qui sont nés le 15 juillet.




