Dakar, le 8 juillet 2025 – Dans une déclaration virulente rendue publique ce mardi, la cellule des cadres du mouvement Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars », a tiré à boulets rouges sur le Premier ministre Ousmane Sonko et l’actuelle équipe gouvernementale, dénonçant une gestion qu’elle qualifie de populiste, opaque et autoritaire.
Une gouvernance marquée par la confrontation
Selon le texte, le Premier ministre « incarne un leadership de confrontation » et ses discours seraient devenus de « simples diversions ». La cellule critique sévèrement ses attaques contre la justice, évoquant notamment l’affaire de diffamation contre Mame Mbaye Niang. Accuser publiquement les magistrats de corruption serait, selon elle, un « franchissement de la ligne rouge » et une remise en cause de l’État de droit.
Les cadres de Gueum Sa Bopp vont plus loin en exigeant la démission d’Ousmane Sonko, qualifié de « facteur d’instabilité », pointant du doigt son « incapacité à produire des résultats ».
Un bilan jugé catastrophique
Sur le plan économique et social, le texte dresse un tableau sombre de la situation actuelle :
- Retards et opacité dans la distribution des semences agricoles
- Hausse du coût de la vie, notamment dans les BTP et les produits de première nécessité
- Absence de transparence sur le bilan agricole 2024
- Rationalisation des agences toujours en attente
- Aide sociale réduite, tandis que les députés s’apprêteraient à recevoir des véhicules à 50 millions FCFA
Le mouvement accuse le gouvernement de privilégier le fonctionnement et les salaires au détriment de l’investissement public. « Le rapport budgétaire du T1 2025 confirme une gestion budgétaire sans vision, avec seulement 2,64 milliards FCFA investis sur un trimestre », déplorent-ils.
Endettement public : un emballement préoccupant
La cellule dénonce un recours massif à l’endettement, évalué à 4 556 milliards FCFA en 2024, soit plus du double des prévisions initiales. Selon elle, cette dérive a été dissimulée via une loi de finances rectificative adoptée sans débat. L’encours de la dette publique atteindrait désormais 10 200 milliards FCFA.
Une République sous pression
Gueum Sa Bopp fustige une « répression silencieuse » avec l’incarcération de journalistes et d’opposants pour délits d’opinion. Elle cite notamment les cas de Bachir Fofona, Madiambal Diagne et du chroniqueur Gadiaga. Le mouvement évoque aussi 26 demandes de manifestations refusées par les autorités en un mois, qualifiant cette situation de « recul démocratique ».
Offensive diplomatique en préparation
Le mouvement annonce une série d’actions diplomatiques dès ce jeudi, auprès des chancelleries à Dakar, des ONG internationales et de la diaspora. Une manifestation est prévue à Washington à l’occasion de la visite du président Diomaye Faye, pour dénoncer, selon eux, « l’amateurisme d’un régime sans boussole ».
Pour une alternative crédible
Enfin, la cellule des Jambaars réitère son soutien à Bougane Gueye Dany, qu’elle présente comme une alternative lucide et constante. Elle l’appelle à proposer un « plan de relance nationale crédible », face à un régime jugé incapable de concrétiser la promesse du « Jub-Jubal-Jubanti ».
« Changer les hommes ne suffit pas. Il faut changer les règles, les priorités et les pratiques. La République mérite mieux. Le peuple aussi. »





