La tension monte sur la scène politique sénégalaise après une déclaration controversée du Premier ministre Ousmane Sonko, qui, dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, a laissé entendre :
“Dieu sait pourquoi je ne suis pas président de la République. Dans ce pays, seuls les gens qui ne devraient pas parler monopolisent la parole. Ceux qui devraient raser les murs sont ceux qui parlent.”
Une sortie que Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR – Les Leaders, a immédiatement qualifiée de gravissime, y voyant les signes d’une tentation autoritaire assumée.
Un aveu jugé dangereux
Dans une publication publiée sur sa page officielle, Thierno Bocoum estime que ces propos sont révélateurs d’un désir de museler la parole citoyenne et d’un désintérêt manifeste pour les principes démocratiques :
“Déclaration gravissime d’un Premier ministre qui, sans détour, affiche sa préférence pour la dictature au détriment de la démocratie.”
Pour lui, le rapprochement avec les régimes militaires de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et le modèle autoritaire chinois ne sont pas anodins, mais participent d’une vision politique assumée par le chef du gouvernement.
Diomaye, rempart contre l’autoritarisme ?
Plus surprenant encore, Thierno Bocoum estime que le Président Bassirou Diomaye Faye apparaît comme le seul rempart aux éventuelles dérives de son Premier ministre :
“Il reconnaît lui-même que le Président Diomaye constitue un frein à ses dérives autoritaires. Heureusement, Dieu veille sur ce pays.”
Une lecture politique qui souligne les tensions latentes au sommet de l’État, malgré l’image d’un exécutif uni.
Une opposition vigilante
Cette prise de position intervient alors que de nombreux observateurs s’interrogent sur la trajectoire réelle du régime en place, élu sur une promesse de rupture et de renouveau démocratique. Thierno Bocoum, dans ce contexte, appelle à une vigilance accrue :
“Il ne s’agit plus seulement de paroles, mais d’un état d’esprit qui doit alerter tous les républicains.”

