Lundi 25 novembre 2024, Samuel Sarr, ancien ministre de l’Énergie et directeur général de la Senelec sous le règne de Me Abdoulaye Wade, a été arrêté à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) à son retour de Dubaï. Cette arrestation fait suite à une plainte déposée par Moustapha Ndiaye, un des actionnaires de West Africa Energy (WAE), société qu’il cofondait avec Samuel Sarr et d’autres hommes d’affaires sénégalais.
Une guerre des actionnaires à West Africa Energy
L’affaire qui a mené à cette arrestation semble être liée à un conflit interne entre les actionnaires de West Africa Energy. La société, spécialisée dans l’énergie, a récemment lancé un projet ambitieux de construction d’une centrale au Cap des Biches, dans le cadre du programme « Gaz to Power », visant à produire 366 MW d’électricité pour le Sénégal. Ce projet est crucial, car il représente 25% de la production énergétique du pays. Cependant, ce n’est pas ce projet en soi qui est en question, mais bien la gestion financière de la société, plus précisément la gestion des fonds après un audit réalisé par le cabinet Mazar.
Des accusations d’une somme non justifiée
Les accusations de Moustapha Ndiaye tournent autour d’une somme de 8 milliards F CFA, que Samuel Sarr aurait mal gérée. Toutefois, l’avocat de Sarr, Me Baboucar Cissé, conteste fermement cette allégation. Selon lui, le montant réel non justifié serait de 2 milliards F CFA, une somme qu’il affirme avoir été justifiée par son client lors de son audition à la Section de recherches de la gendarmerie.
Un dossier complexe de plainte contre plainte
Dans cette affaire, le dossier se complique par des plaintes croisées. Samuel Sarr a, en effet, porté plainte contre Moustapha Ndiaye, l’ancien président du Conseil d’administration de WAE, pour des raisons qui demeurent floues. D’après l’attaché de presse de Sarr, la plainte de ce dernier n’a pas été traitée par les enquêteurs, tandis que celle de Moustapha Ndiaye a été instruite rapidement.
L’interpellation de Samuel Sarr a donc créé une onde de choc, d’autant plus qu’elle est survenue après qu’il ait fourni toutes les explications nécessaires lors de ses auditions. L’attaché de presse de Sarr a également souligné que l’ancien ministre de l’Énergie n’avait pas été dissuadé de rentrer au Sénégal malgré les alertes qui lui étaient parvenues avant son arrivée à l’Aibd.
Une situation qui mérite des éclaircissements
Il est donc probable que cette affaire, bien qu’elle implique une société privée, ait des ramifications politiques et économiques importantes. L’arrestation de Samuel Sarr soulève de nombreuses questions, en particulier sur la gestion de West Africa Energy et les enjeux liés à l’exploitation des ressources énergétiques au Sénégal. Ses conseillers juridiques espèrent qu’il sera rapidement rétabli dans ses droits et que la plainte qu’il a déposée contre Moustapha Ndiaye connaîtra une suite.
West Africa Energy, dont les projets ont été financés en grande partie par des fonds propres, continue de jouer un rôle clé dans le secteur énergétique sénégalais, mais la querelle entre ses actionnaires semble loin d’être résolue. L’avenir de cette affaire reste donc incertain, et l’opinion publique attend des éclaircissements sur cette guerre interne qui divise les acteurs économiques du secteur de l’énergie au Sénégal.

