À l’approche de la COP29, la ville côtière de Joal-Fadiouth a accueilli une mobilisation communautaire organisée par Teranga Lab. Au cœur des discussions, des voix puissantes, notamment celles des femmes transformatrices de produits halieutiques et des anciens élus, ont exprimé leur frustration face à l’inaction climatique et ont plaidé pour une finance climatique équitable.
L’impact désastreux du changement climatique sur les femmes et la pêche locale
Yama Ndiaye, présidente de l’association des femmes transformatrices de produits halieutiques, a pris la parole pour souligner les répercussions graves du changement climatique sur les activités économiques des femmes et sur l’ensemble du secteur de la pêche à Joal. « L’avancée de la mer nous vole non seulement nos terres, mais aussi notre histoire, » a-t-elle déclaré avec émotion, dénonçant l’érosion côtière qui fait reculer le trait de côte à un rythme alarmant.
Les femmes de Joal, qui dépendent de la transformation des produits de la mer pour subvenir aux besoins de leurs familles, sont parmi les premières victimes de la baisse des ressources halieutiques. Yama Ndiaye a évoqué les pertes économiques considérables causées par la raréfaction des prises, un phénomène amplifié par le réchauffement des eaux et la dégradation des écosystèmes marins. « Les solutions tardent à arriver, et chaque jour nous perdons un peu plus de nos moyens de subsistance, » a-t-elle ajouté, appelant à des actions concrètes et urgentes pour soutenir les femmes et la communauté locale.
Une finance climatique équitable pour protéger l’écosystème de Joal
De son côté, Ndeye Kana Cissé, ancienne adjointe au maire de Joal, a mis en avant la nécessité d’une finance climatique qui bénéficie directement aux populations locales. « Une localité comme Joal, avec son écosystème vulnérable et sa contribution majeure à l’économie halieutique, mérite des investissements structurels adaptés pour protéger son littoral, » a-t-elle déclaré.
Pour Ndeye Kana Cissé, une finance climatique équitable signifie que les fonds alloués aux efforts de lutte contre le changement climatique doivent se traduire par des projets visibles et bénéfiques pour les communautés les plus exposées aux impacts. Elle a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures côtières, telles que des digues et des zones de restauration des mangroves, pour protéger la ville contre l’érosion rapide et préserver son riche patrimoine écologique.
Une mobilisation au service du plaidoyer communautaire
Organisée par Teranga Lab, cette mobilisation s’inscrit dans une série d’initiatives pré-COP qui visent à renforcer la voix des communautés locales dans les débats nationaux et internationaux sur le climat. Les discussions tenues à Joal-Fadiouth ont non seulement permis aux acteurs locaux de partager leurs préoccupations, mais ont aussi offert une plateforme pour formuler des solutions adaptées aux réalités du terrain.
Les organisateurs espèrent que ces voix seront entendues lors de la COP29 et que les décideurs mondiaux accorderont une attention particulière aux communautés côtières comme Joal, qui sont en première ligne de la lutte contre le dérèglement climatique.

