La 130e édition du Magal de Touba a vécu. Des millions de fidèles étaient dans la ville sainte vendredi pour commémorer l’envoi en exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba par les autorités coloniales françaises en 1895. Celui que l’on surnomme Serigne Touba est le fondateur de la tariqa soufie et, selon la tradition, le pionnier de la ville de Touba. Si les fidèles et autorités religieuses ont été satisfaits de l’organisation, la fameuse réponse de Cheikhou Oumar Diagne à la lettre de Serigne Cheikhouna S. Alhadji Bara du comité d’organisation du Grand Magal de Touba, refusant ainsi la demande de la communauté mouride pour quelques chambres VIP au King Fahd Palace, a été le hic de l’évènement à dimension internationale.
Dans la ville de Touba, au Sénégal, 5 à 6 millions de pèlerins étaient attendus vendredi 23 août pour le Grand Magal. Ce grand rassemblement annuel de la confrérie mouride commémore l’envoi en exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba par les autorités coloniales françaises en 1895.
Quelques jours avant, les autorités étatiques disaient que les engagements pris par l’Etat dans le cadre de l’organisation sont exécutés à 96%. Toutefois, un couac de Cheikhou Oumar Diagne, ministre conseiller, directeur des moyens généraux de la présidence de la République, a produit une vive polémique faisant réagir des hautes autorités du pays. En effet, pour recevoir une délégation étrangère durant la période du Magal, le président de la commission Extérieure du grand Magal de Touba, Cheikhouna S. Alhadji Bara Mbacké, avait sollicité la présidence de la République pour une prise en charge des hôtes à l’hôtel King Fahd Palace. Une requête qui n’a pas bénéficié d’une réponse favorable. Dans un courrier daté du 31 juillet, adressé à M. Mbacké, la présidence de la République a regretté « ne pas pouvoir honorer la requête » à cause d’un état des lieux qui est en train d’être mené dans le cadre d’une meilleure gestion des réceptifs hôteliers. « La présidence de la République, dans le but de rationaliser ses dépenses, a adopté une nouvelle doctrine de gestion et un état des lieux est en train d’être mené au niveau des réceptifs hôteliers pour une meilleure gestion », lit-on sur le courrier, signé Cheikhou Oumar Diagne, ministre conseiller, directeur des moyens généraux de la présidence de la République.
La réponse au courrier de M. Mbacké est publiée sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, le Professeur Babacar Gaye (Libéral) avait même repris le texte pour corriger quelques syntaxes. Vingt-quatre heures après, Alioune Tine, dans un post sur X, s‘interroge en ces termes : Qu’est-ce qui a bien pu expliquer cet impair bien regrettable ?
Le fondateur de Think tank Afrikajom Center veut en savoir plus sur ce qui s’est passé pour que l’Etat rejette la demande de prise en charge d’une délégation étrangère au King Fahd Palace du comité d’organisation du Grand Magal de Touba. Le droit de l’hommiste a souligné que c’est un impair regrettable.
« Le Magal a une dimension spirituelle, politique, économique nationale et internationale qui appelle une implication conséquente de l’État Sénégalais. Ce que l’État fait d’habitude avec volontarisme. Qu’est-ce qui a bien pu expliquer cet impair bien regrettable », s’est-il demandé.
Quelques heures après la sortie de Alioune Tine, le porte-parole du Khalife Serigne Bassirou Abdou Khadre de clarifier la lanterne des Sénégalais disant que la lettre n’émane pas du Khalife.
Il a rappelé qu’il est le seul habilité à signer des lettres officielles au nom du Khalife.
Sur ce, l’auteur de la demande, Serigne Cheikhouna Mbacké, se sentant visé, sort de son mutisme pour éclairage.
Dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux, Serigne Cheikhouna S. Alhadji Bara, président de la commission Extérieure du grand Magal de Touba, de faire savoir qu’il n’est pas à l’origine de la fuite de la lettre.
« J’ai vu une lettre qui a fuité sur internet. La lettre, une réponse à ma requête adressée à la Présidence au nom de la commission d’organisation du grand Magal de Touba, section Extérieure et religieuse. Une pratique qui date de 2009 depuis la création de la commission Extérieure. C’est en 2009 qu’on nous a fait savoir que la Présidence peut apporter des appuis logistiques. Après concertation avec le président de l’organisation, j’ai écrit une correspondance à la Présidence pour des chambres au King Fahd Palace. Dès fois, ils nous donnaient même des voitures pour le transport des invités. J’ai tout fait dans la transparence et la clarté. Je n’ai fait fuiter aucune lettre. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait sous la supervision du comité d’organisation qui coiffe tous les sous-comités. Nous avons bien reçu la réponse de la Présidence. Une réponse que nous comprenons », a fait savoir Serigne Cheikhouna Mbacké Aladji Bara.
Avec LE PUBLIC

