L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar (2012-2017), Moustapha Diakhaté, a été convoqué ce vendredi par la Division de la Cybersécurité. Cette convocation s’est soldée par son placement en garde à vue sur ordre du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar.
Les faits reprochés
Le leader du mouvement « Aar Domi Sénégal – Mouvement pour la République et la démocratie » est accusé d’insulte par le biais d’un système informatique. Cette charge repose sur des propos tenus lors de son passage sur la chaîne de télévision 7TV, où il a vivement critiqué la nomination de Diomaye Faye, Président de la République.
Dans une déclaration largement relayée par les médias, Moustapha Diakhaté aurait affirmé :
« Le peuple sénégalais est maudit. Comment un pays normal peut prendre Diomaye Faye, qui n’a aucun vécu dans la gestion de l’État, et porter son choix sur lui. […] C’est pour cela que je dis que le Sénégal est un peuple maudit. »
Ces propos, jugés offensants et dénigrants, ont suscité une vive controverse, notamment parmi les soutiens du Président.
Une arrestation anticipée
Selon ses avocats, Me El Hadji Diouf et Me Amadou Sall, l’ancien responsable de l’APR avait conscience des conséquences possibles de ses déclarations. Ils ont rapporté à Les Échos qu’il s’était préparé à cette éventualité :
« Il s’est préparé et c’est un homme de Dieu. »
Avant de répondre à la convocation, Moustapha Diakhaté s’est exprimé auprès de sa famille dans des termes préoccupants :
« Il se peut même que ce soit la dernière fois que vous me voyez parce que je n’ai pas confiance en ces gens. »
Une polémique aux implications politiques
L’arrestation de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte où les tensions politiques sont palpables. Ce dernier, connu pour ses prises de position critiques vis-à-vis de ses anciens alliés, avait déjà pris ses distances avec l’Alliance pour la République (APR). En s’attaquant frontalement au président Diomaye Faye, il semble avoir franchi une ligne rouge.
Les partisans de l’ancien député dénoncent une tentative d’intimidation et une atteinte à la liberté d’expression, tandis que ses détracteurs estiment que ses propos dépassent les limites de l’acceptable dans le débat public.
Une affaire à suivre
Moustapha Diakhaté reste en garde à vue en attendant une décision judiciaire. Ses avocats se disent déterminés à le défendre, tandis que l’opinion publique suit de près l’évolution de cette affaire, qui soulève des questions sur l’équilibre entre liberté d’expression et responsabilité des leaders politiques.

